Larve de Spodoptera frugiperda sur epi de maïs

La FAO lance un guide lutte intégrée contre la chenille légionnaire du maïs en Afrique

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Lutte intégrée contre la chenille légionnaire d’automne dans les cultures de maïs : Un guide pour les champs-écoles de producteurs en Afrique

Face à l’infestation de millions d’hectares de maïs (pour la plupart appartenant à des petits agriculteurs) et à la propagation incessante de la chenille légionnaire d’automne à travers l’Afrique, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) a élaboré un guide de lutte intégrée contre le ravageur. Ce guide est conçu pour aider tous les acteurs impliqués dans l’appui conseil agricole à combattre efficacement le ravageur.

Originaire des Amériques, la chenille légionnaire d’automne (Fall Armyworm en anglais) connue sous le jargon scientifique Spodoptera frugiperda est un redoutable ravageur du maïs récemment apparu en Afrique (en 2016) dont le Niger (officiellement déclarée en 2017). Ce ravageur présent actuellement dans 44 pays africains se nourrit sur plus de 80 espèces de plantes, dont le maïs, un aliment de base pour plus de 300 millions de familles de petits exploitants en Afrique. Le papillon de cet insecte possède d’extraordinaires capacités de migration. Ainsi, il peut parcourir jusqu’à 100 km en une seule nuit. Cela veut dire que le ravageur peut migrer d’un champ de maïs infesté se trouvant dans l’Etat de Katsina au Nigeria pour attaquer un autre se trouvant à Maradi au Niger en moins de 24 heures.

Le présent guide élaboré par un parterre d’experts contient des informations importantes, notamment des conseils sur l’identification ainsi que les technologies disponibles et les différentes méthodes pour gérer efficacement le ravageur.

Le guide s’appuie sur les expériences des agriculteurs et des chercheurs d’Amérique du Sud et d’Amérique du Nord qui ont vécus aux côtés du ravageur pendant plusieurs siècles ainsi que les nouvelles technologies et leçons apprises en Afrique. Les agriculteurs africains et le personnel d’appui conseil agricole (chercheurs, agents de vulgarisation, etc.) disposent à présent d’une trousse de conseils pratiques pour lutter efficacement contre la chenille.

Papillon de Spodoptera frugiperda

Papillon de la légionnaire d’automne obtenu après élevage

L’importance des dégâts causés et points de vigilance dans la lutte contre la chenille

Les dégâts sont causés par la chenille du papillon à mœurs nocturne. La chenille très vorace peut s’attaquer à presque toutes les parties de la plante (épi, feuille, tige, fleur). Ainsi, les dégâts provoqués par cet insecte représentent une menace importante pour la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et les revenus des producteurs ruraux. Selon les estimations du Centre for Agriculture and Biosciences international (CABI), la chenille légionnaire d’automne aurait provoquée des pertes de rendements entre 2,48 et 6,2 milliards de dollars par an, dans 12 pays producteurs de maïs en Afrique.

Champ de maïs attaque par Spodoptera frugiperda

Champ de maïs attaqué par les chenilles de la légionnaire d’automne

La chenille légionnaire d’automne, une menace sérieuse pour la sécurité alimentaire des ménages ruraux au Niger

Présente au Niger depuis 2016 (officiellement déclarée en 2017), la chenille a causé d’importants dégâts dans les plantations du maïs sur presque toute l’étendue du territoire national. Cependant, la crainte qui plane aujourd’hui auprès des experts, est que cet insecte très polyphage (qui se nourrit sur plusieurs plantes) s’attaque à des céréales clés comme le mil ou le sorgho. D’ores et déjà, on connait depuis longtemps que ses cousines à savoir Spodoptera exempta et Spodoptera littoralis s’attaquent aux cultures du mil et du sorgho, les principales céréales consommées par les ménages ruraux nigériens.

Il est vrai que le papillon de cet insecte possède d’excellentes capacités de vol, mais la  propagation des infestations est aussi favorisée par le transport transfrontalier d’un pays à l’autre. Dans un contexte d’insécurité alimentaire marqué par une mauvaise campagne agricole, des mesures idoines et urgentes doivent être prises par les autorités nigériennes pour éviter qu’une catastrophe ne se produise, comme c’est le cas pour beaucoup de pays à côté de nos frontières.

Les principales articulations du guide

Le guide pour les champs-écoles de producteurs en Afrique comporte 2 principales parties. La première partie concerne les informations techniques de base sur la chenille légionnaire d’automne. La deuxième décrit avec plus de détails la façon d’appliquer un schéma de lutte intégrée dans les champs-écoles paysannes. Tout cela se base sur les expériences des champs-écoles réalisées dans les sous-régions d’Afrique Occidentale, Centrale et Australe et les recommandations techniques des personnes ressources d’Amérique et d’ailleurs.

Perspectives de lutte contre la chenille légionnaire du maïs en Afrique

Avec ce guide, la FAO lancera un programme de formation de maître formateur à l’échelle continentale. L’objectif est ensuite de lancer un Programme de champs-écoles de producteurs pour toute l’Afrique destiné à la gestion durable de la chenille légionnaire d’automne. Pendant les cinq prochaines années, la FAO et ses partenaires veulent atteindre 10 millions d’agriculteurs à travers 40 000 champs-écoles de producteurs en Afrique.

Des travaux sont également en cours pour lancer une application de surveillance et d’alerte précoce de la chenille légionnaire d’automne à Madagascar, en Zambie et en Afrique du Sud. En outre, ces activités seront progressivement étendues sur l’ensemble du continent. Déjà testée, l’application permettra aux agriculteurs d’envoyer des informations essentielles liées à l’état de la santé des cultures, de les aider à produire des connaissances détaillées et fiables sur les niveaux d’infestation de la chenille, sur sa population adulte et sur les impacts des actions prises dans le cadre de la lutte contre ce ravageur.

Rédaction : Salifou Aminou, Bioengineering and Agri-Business Consulting
            Bachir Bounou Issoufa, Agribusiness Consulting

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