Des agriculteurs en train de recolter des tomates

Gestion Intégrée de la Noctuelle de la Tomate en Milieu Paysan : Cas de deux Sites au Niger

Suite à des attaques de ravageurs sur la tomate, nous étions dans les villages de Dambou Beri et Karey Gorou (Région de Tillabéri), où des agriculteurs ont demandé l’expertise du cabinet Bioengineering and Agribusiness Consulting. Il s’agit de la larve de la noctuelle de la tomate, un des plus importants insectes ravageurs de la tomate au Niger.

Sur les sites de Dambou Beri et Karey Gorou, les agriculteurs de tomate sont confrontés, chaque année, à des attaques de la noctuelle de la tomate. Cette dernière est connue pour les galeries qu’elles creusent dans les fruits, ce qui rend très difficile la lutte.

La noctuelle de la tomate est un papillon de nuit dont les larves sont des chenilles qui s’attaquent aux fruits. Connue sous le nom scientifique Helicoverpa armigera, au Niger, les agriculteurs l’appellent Maijigida ou Timati nôni, respectivement en Haoussa et en Zarma. Sur la tomate, son occurrence est beaucoup plus importante pendant la saison froide entre décembre et février.

Comment reconnaître la noctuelle de la tomate ?

A l’âge adulte, la noctuelle de la tomate est un papillon à mœurs nocturne. La larve est une chenille de couleur (verte, jaune, marron-noirâtre) et présente un épiderme lisse ou très peu velues. Après l’éclosion, la chenille s’alimente d’abord sur les jeunes bourgeons et les fleurs avant de pénétrer dans les fruits. Cela se matérialise par la présence de petits trous sur les fruits.

Quand elle entre dans le fruit, la chenille peut passer inaperçue jusqu’à la maturité. Les fruits sont rongés et troués, y laissant des galeries et des déjections brunâtres, les rendant ainsi impropres à la commercialisation. La larve préfère s’alimenter sur les fruits verts et les galeries commencent généralement à proximité du pédoncule.

Pour savoir si la larve est entrée dans le fruit il suffirait de le casser en deux et on peut y voir la chenille. Il est également possible de trouver la chrysalide, surtout dans les fruits matures.

La noctuelle de la tomate, un facteur de vulnérabilité à l’insécurité alimentaire

La noctuelle de la tomate peut aussi provoquer la maturation précoce et la chute des fruits. En creusant les trous dans les fruits attaqués, des agents phytopathogènes (comme les moisissures) pourraient se développer à cause des blessures, provoquant ainsi la pourriture des fruits. Au Niger, ce phénomène pousse les petits agriculteurs à brader leurs récoltes ce qui augmente leur vulnérabilité.

Sur quelle autre plante peut-on trouver la noctuelle de la tomate ?

La noctuelle de la tomate est un insecte très polyphage et elle peut s’alimenter sur au moins 120 espèces de plantes. Parmi ces plantes on trouve la tomate, le poivron, l’oignon et le gombo. Les dégâts sont aussi rencontrés sur des cultures comme le niébé, le soja ou le maïs.

Dans son plan de rotation ou d’association, vous devez être capables de discerner ses plantes hôtes de celles qui ne le sont pas.

Comment lutter contre la noctuelle de la tomate ?

Bonnes pratiques agricoles

La lutte contre la noctuelle de la tomate passe d’abord par le respect des bonnes pratiques agricoles. Elle consiste à :

  • construire une clôture (haies vive ou morte) au tour des champs pour réduire la migration des papillons ;
  • réaliser un labour profond du sol (d’environ 10 à 20 cm) ;
  • identifier et détruire les mauvaises herbes hôtes de l’insecte ;
  • effectuer la rotation, tous les 2 ans, avec des plantes non hôtes de l’insecte ;
  • éviter d’associer (dans la même parcelle) les plantes hôtes de l’insecte telles que les solanacées ;
  • respecter les écartements entre les plants au moment du repiquage pour favoriser une meilleure répartition des pesticides au moment de l’application ;
  • ramasser puis détruire les fruits infestés et éviter de les jeter sur le sol ;
  • détruire les résidus de culture après la campagne ;
  • Harmoniser la lutte avec les champs environnants.

En respectant les consignes de bonnes pratiques, vous réduisez considérablement la pression parasitaire et cela accroît votre revenu.

La surveillance

Elle consiste à inspecter régulièrement la culture, notamment les jeunes fruits, afin de détecter les premières infestations. Une fois détecté, il est important d’arracher le fruit et d’éviter de le jeter dans le champ. La démarche consiste à :

  • Enlever le fruit attaqué ;
  • Le mettre dans un sachet plastique ;
  • puis procéder à la destruction du fruit (par le feu, si possible) .

Lutte chimique

En cas de nécessité d’utilisation de pesticides, il est important de raisonner la protection chimique avec des produits homologués par le CSP (Comité Sahélien des Pesticides) en :

  • respectant le seuil d’intervention ;
  • appliquant le pesticide avant que la chenille n’entre dans le fruit, la pulvérisation devrait être réalisée au coucher du soleil ou très tôt le matin ;
  • utilisant des produits contenant les matières actives suivantes : Abamectine, Chlorphyriphos (–éthyl), Cyperméthrine, Deltaméthrine, Emamectine benzoate, Indoxacarbe, Lambda-cyhalothrine.

Bonnes pratiques d’utilisation des pesticides

  • Respecter le seuil d’intervention ;
  • Respecter la dose et le délai entre le traitement et la récolte (2 semaines voire plus) ;
  • Eviter d’utiliser des pesticides systémiques au moment de la floraison :
  • à cause de la rémanence des pesticides qui peut durer plusieurs semaines et cela pourraient avoir des conséquences graves sur le consommateur.
  • Pour préserver l’environnement car c’est la période où les insectes pollinisateurs comme les abeilles, visitent les cultures.

Dans les endroits où le taux d’infestation de la noctuelle est élevé, des traitements peuvent être envisagés au moment de l’éclosion des œufs (dès qu’on observe des fruits troués). A ce niveau il est important de choisir les produits contenant une matière active ayant en même temps une activité larvicide et/ou ovicide (qui tue les œufs).

Ceci est une note entrant dans le cadre des activités menées par le Cabinet Bioengineering and Agribusiness Consulting (BAC) à travers son service de clinique des plantes à l’endroit des agriculteurs nigériens.

Contacter M. Salifou Aminou au numéro +227 93 30 25 75, pour plus d’informations, notamment sur les pesticides à utiliser.

Références citées

CABI, 2019. Helicoverpa armigera (cotton bollworm). Retrieved 2019-01-30.

Cunningham J.P. & al., 1999. Learning in Helicoverpa armigera (Lepidoptera: Noctuidae): a new look at the behaviour and control of a polyphagous pest. Bulletin of Entomological Research, 89, 201–207.

Czepak C. & al., 2013. First reported occurrence of Helicoverpa armigera (Hübner) (Lepidoptera: Noctuidae) in Brazil. Research Note, Pesq. Agropec. Trop., Goiânia, (43)1, 110-113.

EFSA Panel on Plant Health, 2014. Scientific Opinion on the pest categorization of Helicoverpa armigera (Hübner). EFSA Journal, 12(10), 3833.

De Freitas Bueno A. & Sosa-Gómez, D.R., 2014. The old world bollworm in the neotropical region: The experience of brazilian growers with Helicoverpa armigera. Outlooks on Pest Management.

Sosa-Gómez D.R., & al., 2016. Timeline and geographical distribution of Helicoverpa armigera (Hübner) (Lepidoptera, Noctuidae: Heliothinae) in Brazil. Revista Brasileira de Entomologia 60, 101–104.

Comment citer l’article ?

Salifou, A. & Bachir, B.I., 2019. Gestion Intégrée de la Noctuelle de la Tomate en Milieu Paysan : Cas de deux Sites au Niger. VegNote, Vol.2 : n°1. Clinique de plante : Centre pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle au Niger.

Larve de Spodoptera frugiperda sur epi de maïs

La FAO lance un guide lutte intégrée contre la chenille légionnaire du maïs en Afrique

Lutte intégrée contre la chenille légionnaire d’automne dans les cultures de maïs : Un guide pour les champs-écoles de producteurs en Afrique

Face à l’infestation de millions d’hectares de maïs (pour la plupart appartenant à des petits agriculteurs) et à la propagation incessante de la chenille légionnaire d’automne à travers l’Afrique, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) a élaboré un guide de lutte intégrée contre le ravageur. Ce guide est conçu pour aider tous les acteurs impliqués dans l’appui conseil agricole à combattre efficacement le ravageur.

Originaire des Amériques, la chenille légionnaire d’automne (Fall Armyworm en anglais) connue sous le jargon scientifique Spodoptera frugiperda est un redoutable ravageur du maïs récemment apparu en Afrique (en 2016) dont le Niger (officiellement déclarée en 2017). Ce ravageur présent actuellement dans 44 pays africains se nourrit sur plus de 80 espèces de plantes, dont le maïs, un aliment de base pour plus de 300 millions de familles de petits exploitants en Afrique. Le papillon de cet insecte possède d’extraordinaires capacités de migration. Ainsi, il peut parcourir jusqu’à 100 km en une seule nuit. Cela veut dire que le ravageur peut migrer d’un champ de maïs infesté se trouvant dans l’Etat de Katsina au Nigeria pour attaquer un autre se trouvant à Maradi au Niger en moins de 24 heures.

Le présent guide élaboré par un parterre d’experts contient des informations importantes, notamment des conseils sur l’identification ainsi que les technologies disponibles et les différentes méthodes pour gérer efficacement le ravageur.

Le guide s’appuie sur les expériences des agriculteurs et des chercheurs d’Amérique du Sud et d’Amérique du Nord qui ont vécus aux côtés du ravageur pendant plusieurs siècles ainsi que les nouvelles technologies et leçons apprises en Afrique. Les agriculteurs africains et le personnel d’appui conseil agricole (chercheurs, agents de vulgarisation, etc.) disposent à présent d’une trousse de conseils pratiques pour lutter efficacement contre la chenille.

Papillon de Spodoptera frugiperda

Papillon de la légionnaire d’automne obtenu après élevage

L’importance des dégâts causés et points de vigilance dans la lutte contre la chenille

Les dégâts sont causés par la chenille du papillon à mœurs nocturne. La chenille très vorace peut s’attaquer à presque toutes les parties de la plante (épi, feuille, tige, fleur). Ainsi, les dégâts provoqués par cet insecte représentent une menace importante pour la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et les revenus des producteurs ruraux. Selon les estimations du Centre for Agriculture and Biosciences international (CABI), la chenille légionnaire d’automne aurait provoquée des pertes de rendements entre 2,48 et 6,2 milliards de dollars par an, dans 12 pays producteurs de maïs en Afrique.

Champ de maïs attaque par Spodoptera frugiperda

Champ de maïs attaqué par les chenilles de la légionnaire d’automne

La chenille légionnaire d’automne, une menace sérieuse pour la sécurité alimentaire des ménages ruraux au Niger

Présente au Niger depuis 2016 (officiellement déclarée en 2017), la chenille a causé d’importants dégâts dans les plantations du maïs sur presque toute l’étendue du territoire national. Cependant, la crainte qui plane aujourd’hui auprès des experts, est que cet insecte très polyphage (qui se nourrit sur plusieurs plantes) s’attaque à des céréales clés comme le mil ou le sorgho. D’ores et déjà, on connait depuis longtemps que ses cousines à savoir Spodoptera exempta et Spodoptera littoralis s’attaquent aux cultures du mil et du sorgho, les principales céréales consommées par les ménages ruraux nigériens.

Il est vrai que le papillon de cet insecte possède d’excellentes capacités de vol, mais la  propagation des infestations est aussi favorisée par le transport transfrontalier d’un pays à l’autre. Dans un contexte d’insécurité alimentaire marqué par une mauvaise campagne agricole, des mesures idoines et urgentes doivent être prises par les autorités nigériennes pour éviter qu’une catastrophe ne se produise, comme c’est le cas pour beaucoup de pays à côté de nos frontières.

Les principales articulations du guide

Le guide pour les champs-écoles de producteurs en Afrique comporte 2 principales parties. La première partie concerne les informations techniques de base sur la chenille légionnaire d’automne. La deuxième décrit avec plus de détails la façon d’appliquer un schéma de lutte intégrée dans les champs-écoles paysannes. Tout cela se base sur les expériences des champs-écoles réalisées dans les sous-régions d’Afrique Occidentale, Centrale et Australe et les recommandations techniques des personnes ressources d’Amérique et d’ailleurs.

Perspectives de lutte contre la chenille légionnaire du maïs en Afrique

Avec ce guide, la FAO lancera un programme de formation de maître formateur à l’échelle continentale. L’objectif est ensuite de lancer un Programme de champs-écoles de producteurs pour toute l’Afrique destiné à la gestion durable de la chenille légionnaire d’automne. Pendant les cinq prochaines années, la FAO et ses partenaires veulent atteindre 10 millions d’agriculteurs à travers 40 000 champs-écoles de producteurs en Afrique.

Des travaux sont également en cours pour lancer une application de surveillance et d’alerte précoce de la chenille légionnaire d’automne à Madagascar, en Zambie et en Afrique du Sud. En outre, ces activités seront progressivement étendues sur l’ensemble du continent. Déjà testée, l’application permettra aux agriculteurs d’envoyer des informations essentielles liées à l’état de la santé des cultures, de les aider à produire des connaissances détaillées et fiables sur les niveaux d’infestation de la chenille, sur sa population adulte et sur les impacts des actions prises dans le cadre de la lutte contre ce ravageur.

Rédaction : Salifou Aminou, Bioengineering and Agri-Business Consulting
            Bachir Bounou Issoufa, Agribusiness Consulting

Sac de lâcher de Habrobracon hebetor en milieu paysan au Niger

La guêpe du futur pour la lutte biologique en milieu paysan

Sac de lâcher de Habrobracon hebetor en milieu paysan au Niger

© Garba M. DGPV, Capture d’écran

Habrobracon hebetor : la guêpe du futur pour la lutte biologique contre les ennemis des cultures en milieu paysan

Qu’est-ce que Habrobracon hebetor

Habrobracon hebetor est une petite guêpe parasitoïde (environ 4 mm) de la famille des Braconidae utilisée dans la lutte biologique contre plusieurs espèces de lépidoptères (papillons). C’est un ectoparasite larvaire c’est-à-dire un organisme qui se nourrit sur le tégument (tissu qui recouvre le corps des insectes) de l’hôte. Ce sont les « larves » de la guêpe qui se nourrissent des chenilles jusqu’à achever leur stade de développement larvaire. A l’émergence la petite guêpe adulte qui mesure 4 cm de long sort d’un petit cocon blanchâtre.

Habrabracon et lutte biologique contre la mineuse de l’épi de mil

H. hebetor est une espèce qui est largement repartie dans le monde notamment en Afrique, en Amérique, en Asie et en Europe. Une femelle peut pondre jusqu’à 180 œufs au cours de sa vie. La durée de vie de l’insecte est très courte et de nouveaux individus peuvent apparaître en une semaine. Au Niger, H. hebetor est principalement utilisée dans la lutte contre la chenille mineuse de l’épi de mil (Heliocheilus albipunctella), un plus des importants ravageurs du mil. Ce ravageur redoutable très connu des producteurs de mil peut causer des dégâts importants pouvant aller jusqu’à la perte totale des cultures.

Galerie de la mineuse de l'épi (Heliocheilus albipunctella)

© Salifou Aminou, CSAN Niger

Mode opératoire de la guêpe

En présence de la mineuse de l’épi, la première action de la guêpe est d’anesthésier sa proie en lui infectant un poison. Ensuite, elle pond des œufs sur l’hôte. Après l’éclosion, les jeunes larves s’accrochent au tégument et s’en nourrissant. Ainsi, elles consomment la chair de leur proie et la vidant complètement de son contenu. Au fur et à mesure qu’elle grandisse, la larve de la guêpe tisse un cocon dans lequel elle s’entoure pour passer au stade pupe en se momifiant. Après quelques jours, on voit émerger des adultes qui s’accouplent et pondent des œufs sur les chenilles. La durée totale du cycle sur la chenille varie entre 8 à 12 jours et de nouveaux invendus peuvent apparaître en une semaine. Ceci fait d’Habrabracon hebetor un agent de lutte biologique efficace dans la lutte contre la mineuse de l’épi.

Habrobracon hebetor parasitant une larve

© Garba M. DGPV, Capture d’écran

Méthode simple et efficace en milieu paysan

La production de masse des guêpes se fait au laboratoire dans des petites boîtes. Après l’émergence, les adultes sont laissés pendant 24 heures pour l’accouplement. Ensuite, ils sont transférés dans d’autres endroits, en présence des chenilles, pour le parasitisme. Avant le lâcher, les individus doivent passer par une période d’incubation de 48 heures, leur permettant de pondre sur toutes les chenilles. Enfin, la guêpe est conditionnée dans des petits sacs de 15 à 20 cm qui sont fournis aux agriculteurs qui les installent dans leur champ à l’abri des intempéries. Chaque sac contient 50 à 100 g de mil, 2 femelles de la guêpe et 25 chenilles de Corcyra cephalonica. Cette dernière est utilisée comme hôte de substitution ou alternatif dans laquelle les larves de H hebetor se développent.

Au niveau du village, après une séance de formation et de sensibilisation, les sacs de lâcher sont confiés aux paysans. Une fois placé dans le champ, un sac peut libérer environ 200 parasitoïdes adultes durant une période de deux semaines. Les jeunes guêpes adultes qui émergent vont se rependre dans le champ de mil pour parasiter les chenilles de la mineuse de l’épi.

La particularité de cet insecte indigène, bien adapté aux conditions climatiques nigériennes, est qu’il peut être présent (disponible) durant toute l’année.

Planning familial chez Habrobracon hebetor

Après l’accouplement, la chenille rode autour de la chenille immobilisée. Elle l’attaque pour mesurer la quantité de nourriture en fonction du nombre de l’œuf à pondre, une façon de d’assurer un bon fitness à sa progéniture.

Une méthode de lutte biologique prometteuse importée dans beaucoup de pays dans le monde

Le contrôle biologique des lépidoptères à travers l’utilisation de la petite guêpe est de nos jours largement rependu dans le monde. Cette nouvelle technologie de lutte alternative aux pesticides chimiques et respectueuse de la santé des consommateurs et de l’environnement est exportée dans plusieurs pays de la sous-région (Burkina Faso, Mali, Nigeria, Sénégal) au vue de son efficacité en milieu paysan. En Iran, la petite guêpe est utilisée dans la lutte contre la pyrale des dattes.

Perspectives dans l’utilisation de Habrobracon hebetor

L’utilisation de H. hebetor pour lutter contre la noctuelle de la tomate (Helicoverpa armigera), et la mineuse de la tomate (Tuta absoluta) est en cours d’essai par des chercheurs au Niger. Pour une meilleure compréhension des interactions entre la guêpe et la mineuse de l’épi, 26 microsatellites ont été développés. Cet important arsenal moléculaire très promoteur est un outil incontournable dans l’étude de la génétique des populations de plusieurs espèces de Braconidae utilisées en biologique contre les lépidoptères ravageurs des cultures.

Vidéo réalisée par Garba Madougou, Direction Générale de la Protection des Végétaux, Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage
Traitement pesticides sur la culture de choux à Niamey

Classification des insecticides et acaricides selon le mode d’action

Traitement pesticides sur la culture de choux à NiameyClassification des insecticides et acaricides selon le mode d’action

Depuis plusieurs décennies, le besoin de contrôler efficacement les ennemis des cultures dans les domaines de l’agriculture, l’élevage et médical a occasionné une utilisation excessive des pesticides chimiques. Ces produits sont utilisés pour réduire les populations des nuisibles qui ravagent les cultures ou leur transmettent des maladies. Malheureusement, ces produits toxiques présentent des risques inhérents pour la santé de l’homme, des animaux et pour l’environnement. A cela s’ajoute le problème de résistance développé par les insectes vis-à-vis des substances toxiques. La résistance aux pesticides intervient lorsque qu’une population de nuisibles réduit sa sensibilité ou cesse carrément de répondre suite à une application d’un produit censé la détruire.

Il existe plusieurs types de résistance et le développement de celles-ci au champ est influencé par plusieurs facteurs qui peuvent être biologiques, génétiques ou opérationnels. Il existe de nos jours plusieurs moyens de gérer efficacement la résistance. Parmi eux figurent l’alternance, l’association ou la réduction de la fréquence d’application des matières actives de mode d’action différents mais complémentaires.

Ce guide a pour objet d’expliquer les différents modes d’action des insecticides et acaricides selon la classification de l’Insecticide Resistance Action Committee (IRAC).

Selon la classification de l’IRAC, il existe dans la nature, au moins 30 modes d’action connus des insecticides et des acaricides. Ce document qui comporte les différents groupes de pesticides ainsi que leurs modes d’action, s’inscrit dans la logique de la gestion rationnelle de la résistance aux insecticides. C’est un outil de prise de décision pour les professionnels dans le choix des pesticides en fonction des différents modes d’action.

Rédigé par Salifou Aminou, CSAN Niger/Bioengineering and Agri-Business Consulting

Maladies des plantes

Qu’est-ce qu’une maladie des plantes ?

Une maladie est une anormalité physiologique et structurale causée par un agent infectieux ou un facteur de l’environnement, qui affecte la structure et/ou les fonctions d’une plante, une partie ou un produit de la plante, tout en réduisant sa valeur économique. L’étude des maladies des cultures est la phytopathologie.

Dans une large mesure, la phytopathologie est pour les plantes, ce que représentent la médecine pour les hommes ou la science vétérinaire pour les animaux.

Agents responsables des maladies chez les plantes

Les organismes vivants causant les maladies chez les plantes sont presque les mêmes que ceux qui sont responsables des maladies chez l’homme. Ce sont pour la plupart des organismes microscopiques (i.e. qu’on ne peut pas voir à l’œil nu). Leur taille varie de l’ordre de nanomètre (10-9 m comme les virus) à quelques millimètres (nématodes), voire des organismes entier (plante parasite).

Pour beaucoup de gens, on parle de maladie lorsqu’une plante est attaquée par au moins un ou des agents infectieux comme les virus ou les champignons. Et bien il n’en est pas le cas, puisque les facteurs environnementaux défavorables comme les carences en éléments minéraux, l’humidité, la lumière, la température, la présence des substances chimiques dans l’air ou dans le sol, peuvent aussi causer d’importantes pertes économiques. Ces agents non infectieux sont donc considérés comme des agents non biologiques responsables des maladies.

Classification des maladies

De nos jours, ce sont des dizaines de milliers de maladies qui affectent les plantes (cultivées ou sauvages). Plusieurs critères permettent de classer les maladies des plantes mais le plus simple est celui qui les classe selon que la cause soit biologique ou non. Ainsi on distingue :

  • les maladies biotiques ou maladies infectieuses (causées par des organismes vivants) ;
  • les maladies abiotiques ou non infectieuses (causées par les facteurs de l’environnement).

Comme pour l’homme, les maladies infectieuses sont causées par des agents pathogènes comme les virus, les bactéries, les champignons, les nématodes, les protozoaires, les phytoplasmes, les viroïdes, les virusoïdes ou les prions. A ceux la , s’ajoute les plantes parasites.

La classification des maladies biotiques, qui est d’ailleurs la plus complexe, est basée sur plusieurs critères. On peut citer par exemple :

  • le type de pathogène qui en est responsable (maladie virale, maladie fongique) ;
  • la nature des symptômes (mosaïque, galles, mildiou, rouille, pourriture) ;
  • le type de culture (maladie des grandes cultures ou des cultures en serre) ;
  • le type de facteur de l’environnement (carence en éléments minéraux ou les brûlures du soleil).

Comment se transmettent les maladies des plantes?

Mode de transmission des virus et des viroïdes

Du fait de l’immobilité de leurs hôtes, la plupart des phytovirus utilisent des vecteurs spécifiques pour passer d’un hôte à l’autre. Ces « véhicules de transport » sont principalement des arthropodes et en grande majorité des insectes. Contrairement aux virus animaux, la plupart des virus des plantes entrent dans la cellule par l’intermédiaire d’un vecteur au cours de l’alimentation de celui-ci ou via une blessure. Ainsi, les virus des plantes (ou phytovirus) possèdent 3 principaux modes de transmission :

  • la transmission par les organismes vivants (insectes) ;
  • la transmission par les semences ;
  • la transmission mécanique par les facteurs physiques.

La transmission par les organismes vivants est le moyen privilégié par les virus pour infecter leur hôte.

Les insectes vecteurs des phytovirus appartiennent à sept ordres mais le plus important est celui des Hémiptères donc tous les représentants ont un appareil buccal de type piqueur-suceur et se nourrissent spécifiquement de sève phloémienne des plantes. Parmi ces insectes, on peut citer les pucerons, les mouches blanches, les cicadelles et les cochenilles (Coccoidae). A ceux la s’ajoute les thrips (Thysanoptères), les coléoptères, les bourdons (Hymenoptera) ou les criquets (Orthoptères).

En plus de leur mode de transmission par des agents pathogènes cités ci-dessus, un grand nombre de virus et viroïdes sont souvent transmis par les semences ou via le pollen. Le terme « transmission par les semences » est utilisé pour désigner le passage du pathogène de la semence à la plantule et à la plante.

Il existe d’autres modes de transmission des virus différents de la transmission par les vecteurs ou par les semences. Ainsi, certains virus peuvent être transmis mécaniquement par :

  • contact entre un plant saint et un plant malade (Potato virus X ou PVX) ;
  • via les débris des cultures comme le Tobacco Mosaic Virus (TMV) ;
  • l’homme soit à travers le matériel de travail, ses mains ou même ses habits.

Mode de transmission des bactéries et des phytoplasmes

La dissémination d’une bactérie phytopathogène d’une plante à l’autre se fait principalement par l’eau, les semences, les insectes, les animaux et l’homme. Par exemple l’eau de pluie ou d’irrigation à travers les éclaboussures, constitue un facteur important dans la propagation des bactéries. Les insectes eux en s’alimentant sur une plante, peuvent transporter des bactéries et les inoculer à une plante saine.

Mode de transmission des champignons et des chromistes

La plupart des champignons et chromistes (faux champignons incluant les espèces responsables des mildious) dépendent de plusieurs agents pour leur dissémination. Ce sont notamment les semences, le vent, le sol, l’eau, les insectes, les oiseaux, l’homme et les animaux.

Mode de transmission des nématodes

Les nématodes sont des vers parasites qui vivent à l’intérieur (endoparasite) ou l’extérieur de (ectoparasite) de la plante hôte en s’en nourrissant. Ce sont des êtres vivants de très petite taille qui ne sont pas spécialisés dans le mouvement sur des longues distances à condition qu’ils trouvent un véhiculant pouvant assurer le déplacement.

Les moyens les plus efficaces pour la propagation des nématodes sont l’eau et le sol. Ils peuvent aussi être disséminés par les semences (y compris les plants produits dans des pépinières contaminés), les insectes, l’homme, le matériel aratoire et même le vent.

 

Types de dégâts causés par les organismes pathogènes

Symptômes causés par les maladies des plantes

Les agents pathogènes sont responsables de plusieurs sortes de symptômes sur les feuilles, les fruits, les racines, les tiges, les tubercules ou les produits des plantes en conservation. Les types de cellules, de tissus ou d’organes affectés déterminent le type de fonction physiologique qui sera initialement perturbée. Par exemple :

  • l’infection des racines peut conduire à la pourriture de celles-ci, les rendant incapables d’absorber l’eau et les sels minéraux du sol ;
  • l’infection des vaisseaux du xylème, comme pour le cas de certains flétrissements ou des chancres, perturbent la circulation de l’eau et des nutriments ;
  • les attaques sur les feuilles (les rouilles, mildiou, mosaïque, duvet blanchâtre) réduisent la photosynthèse ;
  • l’infection des cellules phloémiques au niveau des nervures foliaires et de l’écorce des bourgeons et des tiges, comme pour le cas des chancres et des maladies causées par les virus et les protozoaires interfère avec la circulation de la sève élaborée ;
  • l’infection des fleurs et des fruits interfère avec la reproduction et la production des fruits. Dans certains cas, la partie infectée devient hypertrophiée avec l’apparition d’une tumeur ou des galles (nématodes) (Tableau 1).

Symptômes causés par les virus et les viroïdes

Les virus causent plusieurs types de symptômes, entrainant des réductions de rendement voire des pertes totales de la production. Ces symptômes apparaissent généralement sur les feuilles mais certains virus peuvent également causés des symptômes remarquables sur les tiges, les fruits, les racines et les tubercules. Toutefois, certains virus dits « latents » peuvent échapper aux « radars » et ne pas causer de symptômes visibles sur la plante.

Les symptômes couramment observés sont les taches annulaires et  les mosaïques (zones légèrement vertes, jaune ou blanches mélangées à des zones normales vertes sur les feuilles). Les symptômes pourraient aussi être des zones légèrement colorées entremêlées de zones normales au niveau des fruits ou des fleurs. Selon le degré de décoloration, le terme mosaïque peut être décrit comme marbrures, striures, nécroses foliaires et nervaires, ou taches chlorotiques ou annulaires.

Les taches annulaires sont caractérisées par l’apparition d’anneaux chlorotiques ou nécrotiques sur les feuilles, les fruits, les tubercules ou les tiges.

Symptômes engendrés par les bactéries et les phytoplasmes

Les bactéries sont responsables de plusieurs types de symptômes chez les plantes. Il s’agit notamment des taches foliaires qui sont huileuses, graisseuses, translucides et anguleuses (cas des Xanthomonas spp.), des nécroses et des brulures (feux bactériens, cas des Erwinia spp.), des pourritures molles des fruits, des racines et des organes de réserves (Pectobacterium carotovorum sur tubercules de pomme de terre), des excès de croissance ou des proliférations des tissus (Agrobacterium spp., pseudomonas spp.), des galles et des halos jaunâtres (Xanthomonas spp.) et des chancres (pseudomonas spp.).

La présence des bactéries sur une plante se caractérise aussi par la production d’exsudat bactérien sur les tiges, les feuilles ou les fruits. Des bactéries dites vasculaires sont responsables des brunissements des vaisseaux conducteurs de la plante entrainant des flétrissements.

Symptômes causés par les champignons et les chromistes

En général, les champignons causent des nécroses locales ou généralisées sur les tissus ou des réductions de la croissance de la plante. Certains symptômes peuvent également être spécifiques ou non-spécifiques des champignons. Ces sont notamment :

  • les rouilles  : petites lésions sur feuilles ou tiges habituellement de couleur rouillée ;
  • le mildiou : taches brunes ou une apparence de moisissures blanches et cotonneuses sur feuilles ou des pourritures nauséabondes des tubercules ;
  • l’oïdium : parties des feuilles, des tiges, des fruits ou des fleurs recouvertes de duvet blanchâtre ;
  • la fonte des semis : effondrement ou mort rapide des jeunes plantules ;
  • la pourriture du collet : désintégration de la partie inférieure de la tige (en contact avec la partie souterraine) ;
  • l’anthracnose : nécroses des certaines parties de la plante (feuilles et fruits) ;
  • les brunissures : brunissements rapides et très prononcés, accompagnés de la mort des tissus au niveau des feuilles, des tiges ou des fleurs.

Symptômes causés par les nématodes

Malgré qu’ils soient dans le sol en contact avec la partie souterraine, les attaques des nématodes affectent aussi bien les racines que les parties aériennes de la plante. Les symptômes sont sous forme de lésions racinaires, des nodules ou des galles, des blessures à l’extrémité des racines, une prolifération des radicelles (sous forme de chevelures) et des pourritures au niveau des racines surtout lorsque l’infection est accompagnée par celle des bactéries ou des champignons.

Les symptômes sont souvent accompagnés par d’autres signes non caractéristiques au niveau des parties aériennes de la plantes. Il s’agit principalement de : réduction de la croissance (causée par les carences en nutriments), flétrissement, nanisme, jaunissement, lésion nécrotique, distorsion des feuilles, développement anormal des fleurs, faible qualité des fruits et fatigue du sol.

Symptômes causés par les plantes parasites

Ce sont des plantes qui vivent sur d’autres plantes en puisant les éléments nutritifs de leurs hôtes. On les rencontre en particulier au niveau des racines ou des tiges. Au cours de leur parasitisme, elles développent un suçoir (ou haustorium) qui est une sorte de pont structural leur permettant de puiser des substances nutritives de l’hôte. Ces plantes se développent à côté ou souvent sur la plante hôte et peuvent même parfois enlacer.

Les symptômes causés par ses parasites sont généralement des dépérissements de la partie distale, un développement des renflements (nœuds) et des chancres au niveau de la zone de contact (cas des orobanches ou des Striga), la production de balaie de sorcière, des chloroses, la diminution de la résistance du bois, le retard de croissance, le nanisme, des flétrissements voire la destruction totale de l’hôte.

Leurs attaques favorisent aussi les infections secondaires dues à d’autres parasites. C’est le cas des cuscutes qui peuvent être des vecteurs de virus entre une plante hôte infectée et une plante hôte saine.

Tableau 1 : Type de symptômes causés par les agents pathogènes

SymptômeBactérieChampignon et chromisteNématodePlante parasiteVirusPhytoplasme
Flétrissement
Mosaïque
Nécrose
Taches foliaires & brunissement
Pourriture des fruits
Pourriture des racines
Fonte de semis
Ralentissement de la croissance
Galle & nodule

Dégâts causés par les maladies des plantes

Le type et l’importance des pertes causées par les maladies varient selon plusieurs paramètres qui sont : l’agent pathogène, la plante ou la partie attaquée, l’environnement, les méthodes de lutte utilisées et la combinaison de tous ces facteurs. Les pertes engendrées surviennent généralement en champ, en conservation mais aussi pendant le transport.

Les maladies peuvent également engendrer des pertes en quantité et en qualité avec comme conséquence une augmentation des prix des produits, menaçant ainsi la sécurité alimentaire et nutritionnelle d’un pays. En plus, il ne faut pas se perdre de vue que certains produits des plantes atteints sont souvent toxiques pour l’homme. C’est le cas de :

  • l’ergot du seigle et du blé qui contient un puissant alcaloïde produit par des champignons des genres Sclerotia et Claviceps ;
  • des aflatoxines (contenues dans l’arachide ou le maïs) produites par des espèces de champignons des genres Aspergillus et Penicillium.

L’ampleur des pertes causées par les maladies dépend de plusieurs facteurs, notamment l’intensité et de distribution de celle-ci. Toutefois on sait que, les pertes sont plus importantes en cas d’attaque précoce. Vu qu’il existe plusieurs catégories de maladies (virales, fongique) et que celles-ci dépendent de plusieurs facteurs, il n’est cependant pas aisé d’estimer les pertes causées par les attaques des agents pathogènes.

Tableau 2 : Estimation des dégâts causés par les ennemis des cultures dans le monde

Type de dégâtsExemplesPourcentage (%)
MaladiesVirose, bactériose, maladie fongique12
Insectes et acariensChenilles, criquet, piqueur-suceur, araignée rouge15
Mauvaises herbesStriga, cuscute13
Total40

Perspectives dans la lutte contre les maladies

Les maladies des cultures ont impact considérable sur nous car elles peuvent causer des dégâts importants sur les plantes et leurs produits, pour lesquels dépend l’humanité pour son alimentation, son habillement, son habitation et son environnement. La qualité de la production ou les pertes causées par les ennemis des cultures varient selon le type de climat (chaud, humide, pluvieux, aride, froid, …), la particularité de l’année, la disponibilité en intrant (dont les pesticides), le matériel et les méthodes d’applications des pesticides, les compétences de l’applicateur et le niveau éducationnel des agriculteurs. En plus, l’importance de chaque type d’ennemi de culture (agent pathogène, ravageur ou mauvaise herbe) varie souvent en fonction de la culture.

Depuis le début du 20ème siècle, le domaine de la protection des cultures reposait beaucoup de l’utilisation de substances toxiques (pesticides). Dans beaucoup de pays, la lutte contre les maladies des cultures est essentiellement basée sur l’utilisation des produits chimique.

Face à tous ces problèmes et compte tenu de la toxicité des substances chimiques pour l’homme et son environnement (en particulier les espèces non-cibles), il est important de se tourner vers des approches écologiquement acceptables. De nos jours, la nouvelle approche de lutte en protection des cultures qui consiste à réduire la dépendance de ces toxiques, tout en associant toutes les autres méthodes de contrôle susceptibles de préserver la santé humaine et respectueuses de l’environnement s’appelle la « lutte intégrée ». Cette approche nouvelle intègre plusieurs méthodes, notamment les pratiques culturales, les méthodes biologique et physique, l’utilisation des variétés résistantes ou tolérantes et la lutte chimique.

Quelques références citées

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Gullino M.L. & Munkvold, 2014. Global Perspectives on the Health of Seeds and Plant Propagation Material, Volume 9. Springer.

Naqvi S.A.M.H., 2004. Diseases of Fruits and Vegetables Diagnosis and Management, Volume II. Kluwer Academic Publishers.

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