Des femmes exposant des chèvres rousses de Maradi aux marché

Caractéristiques zoogénétiques de la chèvre rousse de Maradi

Poids : Le poids moyen à l’âge adulte varie de 25 à 35 kg.

Taille : Elle varie entre 62 à 67 cm (hauteur au garrot).

Pelage

La robe est homogène, brillante, à reflet acajou, les poils ras, denses, sur une peau souple. Le mâle présente une teinte plus foncée allant jusqu’à l’apparition d’une raie dorsale noire. Les muqueuses sont noires.

Depuis les années 1962, la chèvre rousse a bénéficié de la protection des autorités nigériennes œuvrant dans la stabilisation de ses valeurs génétiques (couleurs, qualité de la peau, prolificité, production laitière). Il en découle de ces efforts, la mise au point de 2 variétés de chèvre rousse qui ont les mêmes performances zootechniques :

  • la première possède une robe rousse ;
  • la deuxième à une robe noire.
  • Chèvre rousse de Maradi issue de l'élevage traditionnel
  • Chevre Rousse de Maradi et ses quatre petits

Origine

Le berceau de la chèvre rousse de Maradi serait au Niger au vu de la forte concentration d’individus de race pure rencontrés dans le département de Tessaoua. Les limites de son élevage en pays Haoussa se situent à cheval sur la frontière nigéro nigerianne, entre Maradi au Niger, Kano et Sokoto au Nigeria.

Caractéristiques zoogénétiques

La chèvre rousse de Maradi est un animal élégant avec comme impression générale : « équilibre, fitness, harmonie de forme et de couleur ». Elle se caractérise par une individualité très marquée et jouit d’une grande réputation à cause de sa prolificité et de la valeur marchande de sa peau. Il s’agit notamment de :

  • la bonne qualité de sa peau (peau fine, souple et d’une solidité remarquable) ;
  • sa multiplication rapide : intervalle entre deux gestations successives de 5 à 7 mois ;
  • sa fréquence de mises-bas doubles, triples ou quadruples qui se poursuit jusqu’en fin de carrière ;
  • sa grande prolificité : naissances gémellaires et bisannuelles qui se poursuivent jusqu’à 5 à 6 ans ;
  • sa bonne production de viande (rendement carcasse de 55%) qui fait d’elle un excellent animal de boucherie ;
  • sa bonne aptitude laitière (0,6 l de lait par jour pendant deux périodes : de 3 à 4 mois) ;
  • sa période pubertaire précoce (5 à 6 mois après la naissance).

Selon les estimations faites en 1995, la chèvre rousse de Maradi représentaient 40% des caprins appartenaient à cette race (moitié en race pure et moitié en métis).

Aire géographique de dispersion

L’élevage de la chèvre rousse de Maradi s’est étendu dans toutes les régions du Niger et au nord du Nigeria (de la frontière avec le Niger jusqu’à la ville de Zaria). Au Nigeria elle porte le nom de « Red Sokoto goat » (chèvre rouge de Sokoto). Toutefois, à mesure que l’on s’éloigne du berceau d’origine, la race se modifie. A la faveur des programmes de recherche, de sécurité alimentaire, de croissance économique par la promotion de l’élevage, son aire de dispersion s’est également étendue à certains pays de la sous-région, notamment au Burkina Faso, Mali, Sénégal, Togo, Bénin et en Mauritanie.

Quelques références citées

  • Harouna S., 2014. Caractéristiques du cycle œstral de deux races caprines du Niger : la chèvre du Sahel et la chèvre rousse de Maradi. Thèse de Doctorat. Ecole Inter des Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar : Sénégal.
  • Gnanda I., 2008. Importance socio-économique de la chèvre du Sahel burkinabé et amélioration de sa productivité par l’alimentation. Thèse de Doctorat. Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso : Burkina Faso.
  • Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, 2013. Stratégie de développement durable de l’élevage. SDDEL 2013-2035.
  • Ministère l’Elevage et des Industries Animales, 2007. Recensement Général de l’Agriculture et du cheptel 2005-2007. Résultats définitifs, juin 2007.
  • Centre d’Echange d’Informations sur la Biodiversité du Niger : Convention sur la Biodiversité Biologique.
  • La chèvre rousse de Maradi (Capra hircus).
  • Ministère l’Elevage et des Industries Animales. Les races caprines du Niger.
  • Marichatou H., MamaneL., Banoin M. & Baril G., 2002. Performances zootechniques des caprins au Niger : étude comparative de la chèvre rousse de Maradi et de la chèvre à robe noire dans la zone de Maradi. Revue Élev. Méd. vét. Pays trop., 55(1), 79-84.
  • Zangui I.M.S., 1986. L’élevage des bovins, ovins, caprins au Niger : Etude ethnologique. Thèse de Doctorat, Ecole Inter-Etats des Sciences et de Médecine Vétérinaires. Dakar : Sénégal.

Remerciements : Nous remercions beaucoup le Cadre de Concertation Régional de l’Interprofession de la Filière Bétail Viande, Cuirs et Peaux de Maradi pour l’appui apporté dans l’élaboration de cette fiche.

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