Les semences de gombo, blé, riz, niébé, maïs et oignon

Annuaire National 2018 de disponibilité en semences des variétés améliorées au Niger

L’annuaire national de disponibilité en semences est un document de référence aux producteurs et à tous les acteurs de la filière semencière au Niger.

En tant que premier élément dont les autres facteurs de la chaine de production sont tributaires, la semence représente le levier de commande du développement agricole d’un pays. Pour cette raison et conformément aux engagements sous régionaux, l’État a engagé d’importantes reformes dans le secteur semencier national. A titre d’exemple un document intitulé « annuaire national de disponibilité en semences des variétés améliorées » a été institutionnalisé et produit depuis 2010 par les services compétents du ministère en charge de l’Agriculture. Il est produit pour qu’en aval de la chaîne semencière, des informations statistiques fiables puissent être produites et diffusées pour le besoin de tous.

Un document officiel au service de tous les acteurs de la filière semencière nigérienne

L’annuaire national de disponibilité en semences est élaboré par la Direction de Contrôle et de la Certification des Semences (DCCS) de la Direction Générale de l’Agriculture (DGA). C’est le document officiel qui fournit tous les détails utiles sur les acteurs de la chaîne de production des semences des variétés améliorées produites sur le territoire nigérien. Il facilite la transaction semencière et permet aux utilisateurs de la semence améliorée de disposer d’informations sur les variétés, les quantités produites, les catégories, les lots disponibles, les détenteurs des lots et leur localisation.

C’est donc un document majeur de la Politique Semencière Nationale (PSN) et un référentiel mis à la disposition des acteurs de la filière semencière au Niger. Ainsi, cet instrument permettra de faciliter l’accès des utilisateurs à une gamme diversifiée de semences de qualité adaptées aux conditions de leurs milieux, dans un contexte d’insécurité alimentaire chronique et de lutte contre les effets des changements climatiques.

Une production 2018 en dessous de celle fixée dans les objectifs des autorités nigériennes

Les données sur les statistiques de production semencière publiées depuis 2010 montre des fluctuations dans l’évolution de la production. Il est vrai que celle-ci est passée d’environ 1 000 tonnes en 2010 à plus de 12 000 tonnes en 2015 mais depuis 2016, on assiste à une baisse quantitative de la production. Entre 2016 et 2017, la production est passée de 8 200 tonnes à 7 651 tonnes, loin des prévisions des objectifs du gouvernement qui sont de 16 000 tonnes.

Comment comprendre les codes attribués aux différents lots de semences ?

L’annuaire national de disponibilité en semences constitue un répertoire indiquant l’intégralité des lots de semences produites et acceptés au Niger. A chaque lot de semences correspond un code d’identification. Ce dernier est composé d’une combinaison de chiffres et de lettres permettant de déterminer la traçabilité d’une semence. Ce code accompagne chaque lot ou partie de lot de semences prélevées dans toutes les transactions afin de permettre au service compétent de contrôler l’origine de la semence en distribution.

Le code attribué à chaque lots est composé de gauche à droite par :

  • le numéro du lot ;
  • la génération de la semence produite ;
  • l’année de sa production ;
  • le code du département dans lequel elle produite ;
  • le numéro d’identification du producteur de la semence.

Par exemple le code « 007-R2-17-707-005 » se lit comme suit : lot numéro 007, génération R2, produite en 2017, dans le département de Magaria (code 707), par le producteur ayant le numéro de déclaration 004.

Engrais vendus sur le marché rive droite de Niamey

Plan de réforme du secteur des engrais au Niger

Depuis plusieurs années, l’Etat s’est engagé dans un plan de réforme du secteur des engrais au Niger. On se souvient de l’élaboration du Décret n°2016-304/PRN/MAG/EL portant modalité d’application du Règlement C/REG.13/12/12 relatif au contrôle de qualité des engrais dans l’espace CEDEAO.

Pour assurer l’approvisionnement des engrais, l’Etat applique un système dit de subvention, mis en place par la CAIMA. Malheureusement, ce système ne couvre pas les besoins du pays et empêche en même temps le développement du secteur des engrais fournis par les privés. Pour y faire face, deux instruments sont proposés à travers ce plan de réforme : la libéralisation et la subvention.

Le plan de réforme du secteur des engrais est basé sur une participation dynamique du secteur privé, un rôle de régulation des principaux organes (qui seront éventuellement créer), en plus de la CAIMA qui va se focaliser sur des interventions ciblées.

Objectifs du plan de réforme du secteur des engrais

La réforme du secteur des engrais au Niger vise à mieux assurer la disponibilité et l’accessibilité des engrais de qualité et à proposer un cadre opérationnel d’approvisionnement et de distribution des engrais sur le territoire national. Ainsi, la réforme permettra de :

  • assurer la disponibilité des engrais en quantité et qualité partout au Niger ;
  • assurer l’accessibilité des engrais par toutes les catégories de producteurs ;
  • maitriser la subvention de l’Etat pour mieux atteindre les plus marginalisés.

Les différents organes de la réforme

Il est prévu à travers cette réforme, la création de deux principaux organes :

  • l’Observatoire du Marché des Engrais au Niger (OMEN) qui est une structure autonome de surveillance, de régulation et de promotion de la concurrence du secteur des engrais ;
  • Le Comité Technique des Engrais du Niger (COTEN), chargé de la gestion de la subvention sous la responsabilité de l’OMEN.

Résultats attendus de la réforme du secteur des engrais

A l’issue de cette réforme, avec la participation active du secteur privé, il est possible de toucher plus de producteurs, réduire les prix et accroitre sensiblement les quantités d’engrais utilisés par ha. En gros, la réforme contribuera à une meilleure disponibilité et une accessibilité accrue des engrais par les producteurs nigériens.

En outre, la réalisation d’une telle réforme s’avère nécessaire pour plusieurs raisons en particulier la faible contribution du secteur des engrais aux objectifs d’une agriculture forte mais aussi l’intérêt que portent plusieurs entreprises à s’implanter au Niger. On se souvient récemment de l’intérêt de la Société Dantata Group du Nigeria à créer une usine de production d’engrais dans la région de Maradi et de l’installation d’une usine de fabrication d’engrais à Dosso (SOAPAM).

Un décret présidentiel adoptant le plan de la réforme ainsi que l’élaboration d’un plan détaillé de mise en œuvre constituent l’élément déclencheur de la réforme.

Un marchant ambulant vendant des pesticides dans un village dans la région de Maradi

Liste des pesticides interdits au Niger

 

Le Ministère de l’Agriculture et de l’élevage à travers la Direction Générale de la Protection des Végétaux (DGPV) a dressé, à travers l’Arrêté n° 177/MAG/EL/DGPV du 26 octobre 2016, la listes des pesticides interdits sur l’ensemble du territoire nigérien.

Ce document présente la liste des pesticides interdits au Niger, un pesticide étant un mélange de plusieurs substances notamment les « coformulants » et une ou plusieurs « matières actives ». A vrai dire, ce sont les matières actives qui sont visées par l’arrêté ministériel.

Qu’est-ce qu’une matière active

Une matière active est une molécule (d’origine naturelle ou synthétique) qui détruit ou repousse l’organisme cible (insecte, acarien, champignon, bactérie ou mauvaise herbe). La listes des pesticides interdits au Niger contient 24 matières actives. Cela veut dire que tous les pesticides contenant ces différentes matières actives sont systématiquement interdits de tous usage sur le territoire national sous peine de sanctions, conformément à la loi n° 2015-35 du 26 mai 2015 relative à la protection des végétaux.

Les pesticides interdits de toute circulation et d’utilisation sur le territoire de la République du Niger sont ceux qui contiennent les matières actives suivantes :

Les pesticides interdits par la Convention de Stockholm sur les Polluants Organiques Persistants (ou POPs)

Il s’agit des matières actives suivantes :

  • l’Aldrine ;
  • l’alpha Hexachlorocyclohexane ;
  • le béta Hexachlorocyclohexane ;
  • le Chlordane ;
  • le Chlordécone ;
  • Le DDT ;
  • la Dieldrine ;
  • l’Endrine ;
  • l’Heptachlore ;
  • l’hexachlorobenzène (HCB) ;
  • le Lindane ;
  • le Mirex ;
  • la Toxaphène.

Les formulations contenant les matières actives suivantes interdites par le Comité Sahélien des Pesticides (CSP)

Ce sont les matières suivantes :

Le présent Arrêté a été pris en application de l’article 20 du Décret n° 2016-303/PRN/MAG/EL du 29 juin 2016, portant modalités d’application de la Loi n° 2015-35. Il fixe la liste des pesticides interdits de toute circulation et d’utilisation sur le territoire de la République du Niger.

 

Annuaire national des semences

Annuaire National 2017 de disponibilité en semences des variétés améliorées au Niger

Cet annuaire élaboré par la Direction de Contrôle et de la Certification des Semences (DCCS) de la Direction Générale de l’Agriculture (DGA) est le fruit d’un long processus de collecte de données réalisée par les équipes d’inspection régionales des semences de Dosso, Maradi, Niamey, Tahoua, Tillabéry et Zinder. En 2016, la production nationale des semences s’élève à environ 8200 tonnes toutes espèces et variétés confondues.

L’annuaire national de disponibilité en semences des variétés améliorées est un document de référence aux producteurs et à tous les acteurs du secteur semencier. Il facilite la transaction semencière et permet aux utilisateurs de la semence améliorée de disposer des informations sur les variétés, les quantités produites, les catégories, les lots disponibles, les détenteurs des lots et leur localisation.

Certes des codes sont utilisés sur les lots des semences mais le document vous fournit des d’informations détaillées pour mieux les décrypter. Le code attribué à chaque lots est composé de gauche à droite par :

  • le numéro du lot ;
  • la génération des semences produites ;
  • l’année de production ;
  • le code du département ;
  • le numéro d’identification du producteur.

Par exemple le code « 006-R1-15-407-004 » se lit comme suit : lot numéro 006, génération R1, produite en 2015 dans le département de Madarounfa code 407, par le producteur ayant le numéro de déclaration 004. Ce code accompagne chaque lot ou partie de lot de semences prélevées dans toutes les transactions afin de s’assurer de sa traçabilité et de permettre au service compétent de contrôler l’origine de la semence en distribution.

 

Catalogue régional 2016

Catalogue Régional des Espèces et Variétés Végétales est le document officiel des semences homologuées dans les pays de la CEDEAO, l’UEMOA et le CILSS

Conformément aux règlements Règlement C/Reg. 04/05/2008 de la CEDEAO et au Règlement n°03/2009/CM/UEMOA de l’UEMOA, il existe depuis 2016 un Catalogue Régional commun des Espèces et Variétés Végétales des Etats membres de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Oust) de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) et du CILSS (Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel). Ce catalogue est le document officiel qui contient la liste de toutes les variétés homologuées dans les Etats membres.

Quels sont les pays concernés par ce catalogue ?

Le Catalogue régional qui concernent le Niger est la résultante 2 principaux cadres règlementaires communautaires. Un catalogue désigné sous le nom de « Catalogue Ouest Africain des Espèces et Variétés Végétales (COAfEV) » est prévu pour les pays membre de la CEDEAO (Article 9 du Règlement C/Reg. 04/05/2008). Dans les pays membre de l’UEMOA un catalogue dénommé «  Catalogue Régional des Espèces et Variétés de l’Union ou CREVU » a également été évoqué dans le Règlement n°03/2009/CM/UEMOA en son Article 80.

Le Catalogue régional a été créé pour mieux gérer les activités de contrôle de qualité et certification des semences dans les Etats membres. Il a été élaboré à partir des variétés des catalogues nationaux des espèces et variétés végétales des 17 pays de la CEDEAO, de l’UEMOA et du CILSS. Ces pays sont : Bénin, Burkina Faso, Cape vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée (Conakry), Guinée Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Léone Tchad et Togo.

Diversité au sein du catalogue

Ce catalogue est loin d’être exhaustif en termes de diversité et de nombre d’espèces et variétés se trouvant dans l’espace communautaire. Il ne contient que des variétés homologuées. Il est donc possible de ne pas retrouver une variété qu’on connaît ou même qu’on a l’habitude d’utiliser. Le catalogue comporte au total 8 espèces de cultures pluviales (riz, maïs, sorgho, mil, niébé, arachide, manioc et igname) et 3 espèces de cultures maraîchères (tomate, pomme de terre et oignon).

Pour le cas du Niger, ce sont les cultures du mil (34%), du niébé (12%), d’arachide (11%) et de la pomme de terre (11%) qui sont les mieux représentées sur l’échiquier semencier régional.

CultureVariétésVariétés nigériennesProportion des variétés nigériennes (%)
Riz413164
Maïs27941,5
Sorgho17174
Mil963334
Niébé1321612
Arachide1101211
Manioc10254
Igname5400
Tomate8056
Oignon4337
Pomme de terre36411

Politique semencière du Niger

Le secteur semencier nigérien se trouve confronté à de nombreux problèmes qui sont entre autres le défi de la préservation de nos ressources phytogénétiques, la qualité des semences, la concurrence déloyale étrangère, la sécurisation et la sécurité semencière. A cela s’ajoute la question des textes régionaux et internationaux auxquels notre pays a ratifié.

Pour booster la filière semencière nationale et concrétiser ces engagements, l’Etat a décidé d’une part de se doter, à travers un processus participatif, d’une politique semencière et d’autre part créer un environnement institutionnel en harmonie avec le Règlement C/Reg. 04/05/2008 portant harmonisation des règles régissant le contrôle de qualité, la certification et la commercialisation des semences végétales et plants dans l’espace CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest).

Ambition du gouvernement du Niger

Depuis des décennies, les rendements des cultures sont en baisse continue, engendrant des déficits céréaliers réguliers. A titre d’exemple, une année sur trois est déficitaire. A travers cette politique le Gouvernement :

  • ambitionnait de porter à l’horizon 2015, le taux de couverture en semences de qualité de son niveau actuel de 8% des superficies emblavées en 2012 à 30% en 2015 ;
  • à travers l’Initiative 3N (les Nigériens Nourrissent les Nigériens) prévoyait de faire passer la production céréalière nationale de 3 à 5 millions de tonnes à l’horizon 2015.

Comme on est déjà en 2017, la question qu’il faut se poser est de savoir si ces ambitions sont atteintes ?

Les objectifs de la politique semencière nationale

Assurer la sécurité alimentaire par la croissance soutenue de la productivité et de la production des principales cultures vivrières pour le bien-être social des populations nigériennes. L’Etat entend assurer la disponibilité des semences sélectionnées en quantité et qualité, en vue de satisfaire les besoins des agriculteurs

De manière spécifique

  • fournir régulièrement aux producteurs nigériens des semences de qualité issues des variétés améliorées en quantité suffisante, au moment opportun et à un prix abordable ;
  • créer les conditions d’une utilisation accrue par les agriculteurs des semences de qualité ;
  • renforcer le cadre institutionnel et juridique du sous-secteur semencier.

Domaines d’intervention de la politique semencière nationale

Les principaux domaines d’intervention de la politique semencière nationale sont décrits en douze points, notamment : de la gestion et protection des ressources phytogénétiques nationales, la promotion et le contrôle des semences de qualité et certifiées, de la promotion de l’agro-business dans le secteur ainsi que la sécurité et la sécurisation semencières.

A travers cette politique, l’Etat du Niger a allégé autant que possible les procédures administratives d’importation et d’exportation de semences tout en garantissant le respect des textes législatifs et des réglementaires et conventions internationaux dont le Niger est signataire.

Cette politique entend également préserver les « variétés traditionnelles » (« ou écotypes locaux ») sélectionnées in situ durant des décennies par nos vaillantes populations.

Cette politique semencière nationale est accompagnée par des textes juridiques (loi et arrêtés) conformément aux prescriptions des règlements de la CEDEAO et de l’UEMOA (Règlement n°03/2009/CM/UEMOA).

Télécharger Politique Semencière du Niger